Tout a disparu, tout s'est effacé. Tout ce qui sous mes doigts était apparu, s'est soudain volatilisé. Une touche, une manipulation, tout se couche, tout se meurt dans la disparition.
Et la rage est telle ! La beauté était si belle ! Et ma main je lui remonte les bretelles, je lui reproche, à ce moment, de s'être montrée rebelle. Alors que ma plume tentait de s'épanouir, tandis que ma page blanche commençait à mourir. Le fruit d'une douce inspiration vient de pourrir. Le goût d'une agréable dégustation vient de s'évanouir.
Une guitare, un piano. En retards. Ma vie, enfermée dans un placard.
Avec la lumière, jamais plus de rencard. Dans cette vie, pas de place pour les héros.
Une mélodie qui fait naître des émotions, une inspiration, dont mon c½ur ne peut se rassasier, dont mon âme ne sait s'extasier, car celle-ci n'est pas apaisée, par cette voix qui lui promet pourtant tant de baisers.
Une mélodie qui m'inspire, mais dont ma plume ne sait se saisir. Entre les lignes, c'est mon incertitude que l'on respire. Entre les lignes, ma trop bonne attitude n'éprouve aucun plaisir.
Pleurer. Se laisser aller pour ne plus avoir à leurrer.
Parce-que leur vie semble parfois tellement plus belle. Leurs photos, leurs sourires, leurs amis.
J'aimerais tant que mon c½ur se rebelle, face à ces barrières ennemies.
Je devrais pourtant me réjouir ce cette vie que,sur un plateau, Dieu m'a apportée.
Ce ne sont que des bêtises , ces même bêtises qu'il me faudrait, de mon c½ur, avorter.
Pas plus de cuillère en or, que de billet d'argent ou de médaille de bronze,
Je ne suis pas de ceux qu'on honore, ni auxquels on répond lorsque c'est urgent.
Que mon c½ur cesse de prétendre que ce bonheur est un rhumatisme, qu'il apprécie ce sentiment, ce millésime. Qu'il cesse de prétendre que ce n'est qu'un euphémisme,et qu'il ne vaut pas la souffrance qui en nous se dessine.
Plutôt que de chercher à se souvenir, cherche à découvrir. Tout est parti, il ne reste que des bribes. Je ne l'avais pas pressenti, ce n'était pas écrit dans la Bible; mais le rapport n'existe pas... car la rime, parfois, est plus puissante même si on ne se l'avoue pas .
J'aime voir mes mains courir à toute vitesse, sur mon clavier, criant à mon ignorance que je la déteste.
J'aime quand de ma chaise je lève mes fesses, en me disant que plus rien ne reste.
Mais mes phrases restent inachevées , et ma bougie se consume sur mon chevet...
L'encre de ma plume est en train de s' achever, mais qu'importe car à présent, pleurer je m'en vais...
Une larme et rien pour l'essuyer. Pas de mouchoirs, pas de main, pas de sourire pour la chasser.
Je me sens vide. Vide d'émotions, vide de mots.
Mon bic est rempli d'une encre transparente , qui n'éprouve pas le besoin de sortir. Les parois fragiles du stylos s'effritent, se fissurent, sous la pression du liquide salé qui s'accumule en trop grande quantité entre ces barreaux de plastique.
Je me fous des sourires, je me fous des sucreries. Je me fous du travail, du lycée. Je me fous des rimes et de la musicalité. Je me fous de la sonnerie de mon téléphone qui agresse mes oreilles . Je me fous de l'ordinateur devant lequel je suis assise depuis plus de deux heures.
Je me fous de ce père qui crie sans arrêt pour rien et qui cherche toujours une excuse pour me parler. Je me fous de lui et de ses colères intempestives. Je me fous du nombre de fois ou j'ai mentionner le fait que je m'en fous ! Je me fous de tout, de mon ventre qui grogne, jusqu'au pétard de mes cheveux. En passant par mon air de deterrée, et de la chaleur qui me brule les membres.
Il y a ce quelque chose qui ne cesse de se renouveler, quelque chose qui part mais qui revient sans cesse.
Quelque chose qui , en s'en allant, donne l'impression que tout est beau dans le meilleur des mondes, que l'amertume n'existe plus, que les larmes ne pleuvent plus. L'impression que la solitude est loin , très loin; que le bonheur sera toujours présent, qu'il n'y a plus de place, qu'il n'y aura jamais plus de place pour le célèbre spleen.
Mais que faire lorsque ce n'est qu'une impression?
Accepter? Pleurer? Sourire? Jouer? Supporter?
Ce n'est qu'une impression, rien de plus. Une impression d'irréel et de tranquillité, mais bonheur et tristesse se succèdent, parfois même se chevauchent. Ce n'est qu'un cycle qui n'en finit plus et qui me poignarde un peu plus à chaque fois.
Fini le temps du soleil et des vacances.
Les larmes ont fini de se dorer la pilule sur les plages de Zadar ou de Rimini. L'amertume est loin des douches glacées et du flacon de Monoii .
La tristesse a rangé maillot de bain, serviette de plage et lunettes de soleil. La valise est sous le lit fermée éternellement, il se peut. Elle a repris ses fonctions, et compte bien donner le meilleur d'elle même ! Après s'être reposée pendant quelques temps, elle a repris du poil de la bête et est tout à fait disposée à donner tout ce qu'elle a, qu'importe ses adversaires, qu'importe ses alliés.
Aujourd'hui n'est pas un jour de soleil. Aujourd'hui est un jour de pluie. D'encre salée mon clavier s'est enduit, et chaque mot, chaque lettres ici présents, porte l'ADN d'une pauvre enfant démunie de défense face aux malheurs de la vie... Est-ce vraiment un malheur que celui que je vis ?
Dire que je vis un véritable calvaire est une hyperbole bien trop exagérée.
Mais dire que j'ai mal est un euphémisme tellement extrapolé !
Je me laisse bercer par des émotions qui ne se lassent pas de me percer le c½ur.
Et rien de plus important que ses bras pourraient guérir ma balafre. Rien de plus élégant que son sourire pourrait panser mes cicatrices ...
Rien de plus séduisant que son parfum pourrait consoler mon âme...
Il n'y a rien de plus appréciable, dans ce genre de moments, que le soutient tendre et délicat...
C'est une consolation que de voir mes mains courir à toute vitesse, sur mon clavier, criant à mon ignorance que je la déteste.
C'est une consolation quand de ma chaise je lève mes fesses, en me disant que plus rien ne reste.
Mais mes phrases restent inachevées , et ma bougie se consume sur mon chevet...
L'encre de ma plume est en train de s' achever, mais qu'importe lecteur car à présent, je m'en vais...
1er Novembre 2009